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La vie tumultueuse d'une Wonderwoman

Batterie vide

Dans cette période de vie, de la naissance de notre enfant en 2013 jusqu’à la séparation en 2020, ces épisodes ont été récidivants, plus fréquents et de plus en plus violents.

Une télévision détruite à coup de poing, des trous dans les murs, les portes, de nombreux objets cassés : chaises, téléphones, ustensiles…

La violence était bien présente.

Souvent, il collait son visage au mien et me hurlait dessus.

Je me trouvais alors tellement en état de choc que je ne me souviens même plus ce qu’il pouvait me dire. J’étais sous son emprise, assaillie, à faire tout ce qu’il me demandait.

Il semblait devenir fou. Il s’en rendait compte une fois apaisé et je l’excusais à chaque fois. Ses troubles de l’enfance avaient bon dos, même pour moi. Nous étions dans le rôle du « sauveur sauvé », ai-je appris plus tard en thérapie. Je faisais tout pour l’aider, pour nous aider.

Des moments forts m’ont marqué, notamment un soir, tard, lorsqu’il est entré dans la chambre de notre enfant, tapant sur une casserole avec un couvercle en métal, le réveillant en sursauts, lui hurlant dessus « tu nous empêches de dormir, alors toi non plus, tu ne dormiras pas ». Il avait 2 ans.

Des jouets avaient aussi été cassés à d’autres moments, Monsieur déchargeant son agressivité par des coups de pieds, dans le premier objet devant lui.

Bien sûr il regrettait tout le temps ses actions, pleurait de culpabilité, s’en voulait et demandait que je l’aide, cherchant toujours mon approbation.

Il me disait souvent que j’allais surement le quitter à cause de tout cela, alors que ce n’était pas vraiment de sa faute, c’était la faute « des énergies ».

Et je lui disais : « mais non, je t’aime, je ne te quitterai pas ».

Le temps à passer mais rien ne s'est arrangé. De mon côté, je m’enfermais de plus en plus sur moi-même.

Je jouais un rôle, je n’étais plus moi. Aller au travail devenait libérateur. Sauf lorsqu’il m’y appelait au téléphone. Il me reprochait de créer des liens avec mes collègues et pas avec lui. Je devais toujours lui prouver que je l’aimais, à faire en sorte de le rassurer. Je lui disais que je ne pouvais pas rester trop longtemps au téléphone parce que j’avais des choses à faire ; Qu’est-ce que je n’avais pas dit ?!

« Tu me rejettes, tu es vraiment une connasse, tes collègues sont plus importants que moi »

Et je répondais : « Mais non, c’est juste que j’ai du travail à faire, sinon je vais finir plus tard parce que je n’aurai pas fini ». Cela pouvait durer plus d’une demi-heure, parfois une heure, à batailler, à le rassurer, à me justifier.

 

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