La vie tumultueuse d'une Wonderwoman
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Lorsque je suis arrivée à Paris, j’habitais en colocation dans un appartement dans la ville de Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Endroit extrêmement mal desservi pour se rendre dans le XIIIème arrondissement de Paris, là où se trouvait la base préfectorale à laquelle mon premier service de police était rattaché : Le Service des Compagnies Centrales de Circulation ou encore SCCC.
La plupart des jeunes flics, mal classés en école, y passent.
J’en faisais partie malgré une bonne scolarité car j’arrivais au moment des vagues de remplacement des ASP : Agents de Surveillance de Paris.
Après de grosses périodes de grève de ces derniers, les services de circulation avaient été en croix et la Préfecture voyait d’un bel œil de placer des policiers aux quatre coins des rues de Paris, pour la bonne circulation de ses habitants; la police n’ayant pas le droit de grève, cela évitait quelques soucis.
Je voyais cela d’un œil un peu moins beau, surtout en débutant cette extraordinaire aventure au mois de décembre.
Faire la grue, à un carrefour, sous la neige, avec un thermomètre affichant moins deux degrés… ça vous refroidit, dans tous les sens du terme.
Je me souviens avoir fait des journées sous la neige ou la pluie, à être trempée jusqu’aux os. Même un chien ne serait pas laissé dans de telles conditions.
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Très vite, j’ai eu un sentiment terrible de ne pas être à ma place, l’inutilité me rongeait de l’intérieur.
Et mon corps l’exprimait parfaitement, puisqu’une vilaine pathologie m’a envahi : la rectocolite hémorragique ou, pour les intimes, la RCH.
Pour faire court et simple, tu fais caca tout le temps et tu saignes en même temps.
(Je vous avais bien dit que je laisserai les pincettes de côté 😁)
Non seulement, je détestais mon travail, je le trouvais inutile, j’avais souvent froid, souvent faim et j’étais malade comme un chien.
J’ai alors eu de nombreux « arrêts maladie », tenant à peine debout certains jours à me trainer littéralement jusqu’aux toilettes mais à y arriver trop tard…
Je vous laisse imaginer l’horreur de vivre une telle incontinence à 22 ans.
Malgré tout, après quelques mauvaises péripéties de fourrière pour mon véhicule, d’agression dans le métro par un « non-solvable », je me suis faite une amie.
Elle était un peu comme moi physiquement et mentalement.
Native de Paris, elle présentait plus d'assurance que moi dans cette jungle et j’avais alors enfin quelqu’un sur qui compter.
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